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triathlon

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Une journée d'un Embrunman...

Quelques jours après avoir terminé de fort belle manière le mythique Ironman d'Embrun, Franck nous livre ses émotions vécues tout au long de cette journée un peu particulière...

"Le 13 Aout à 14 h , je pars à la salle des fetes d’Embrun pour retirer mon dossard, une signature, on m’averti que le collègue de mon club à un n°de dossard juste après le mien, c’est un détail, mais ça rassure.

Le 14, Jean  Philippe m’appele, nous échangeons quelque mots et nous donnons rendez vous le lendemain à 5 h 00

 

Embrun mercredi 15 aôut 2007 5 H 17 min , parc à vélo, Jean Philippe COUGUL, la voie tremblante me dit :

« comment fais tu pour être aussi calme ? »,

je lui répond que je n’en sais rien…..

5 h 30 min  nous rentrons dans l’eau pour faire quelques longueurs, perdu dans le noir, on sent juste avec les doigts, les herbes qui poussent au fond de l’étang. Nous nous perdons au milieu du public déjà nombreux, puis nous retrouvons par hasard, on enjambe les barrières en combi pour s’aligner au départ, il est 5 h 58 nous voilà au bord de la plage avec le plan d’eau en face de nous et quelques lucioles des bateaux de l’organisation et beaucoup de public, le temps se ralenti , s’arrête ; la dernière minute est interminable, et apaisante en même temps….Plus personne ne parle, en tout cas je n’entend plus rien, et ne vois que des combis noires et bonnets blancs .

 

Top départ, la machine à laver est en route, pour ma part je me suis contenté du programme long, avec 1h 23 dans l’eau, distribution et réception de baffes du début à la fin….

 

Je sors de l’eau, pas d’étourdissements, plutôt très bon signe, et me change pour une tenue complète de cycliste, j’ai choisi un ensemble blanc avec le maillot champion du monde, j’espérais que le public dirait « Allez…. Champion du monde… », c’est toujours mieux que « …Allez 230… »

Ca n ‘a pas loupé dès la sotie du parc à vélo, j’entends « Allez…. Champion du monde… »….et ça fait beaucoup de bien, surtout qu’il ya de la distance qui nous attend.

A 1 Km de là je tombe sur toute ma petite famille, et mon fils Enzo 10,5 ans, les yeux sortant de leurs orbites court vers moi et me crie « qu’es t’a foutu dans l’eau !....Vas y Papa, tu vas tous les exploser » …..HUM…HUM….

Cet épisode me fait craquer nerveusement, et c’est en larme que je monte le premier col jusqu’au Villard ( Finalement, Jean Philippe, je n’étais pas si calme que ça…..).

 

Ce qui ne m’empêche pas  de doubler beaucoup de concurrents. Je doute de ma forme, bien que me sentant super en jambe, car mon cardio ne marche plus. Ah la bonne idée de prendre la ceinture de poitrine dans l’eau histoire de gagner 10 s à la transition…

Enfin les premières descentes, et me revoilà en train de doubler et de doubler, je retiens les conseils de Jean Philippe, pas d’alimentation solide avant Savines, 50 Km du départ environ, que des gels, pour ne pas bloquer la digestion après l’eau….. conseil précieux.

 

C’est justement à Savines que mon cadio se remet à fonctionner 128 sur le plat à 90 tours/min, pour un seuil bas à 157, c’est le bon jour….  je rattrape Jean Philippe, dossard 231,  je le pousse une première fois, il ne se retourne pas , se disant certainement qu’il devait gêner, puis une deuxième.. ..toujours pas de réaction ?????, je le dépasse et en souriant lui dis  « ne crois pas que je vais te pousser jusqu’en haut !!! ». sans me parler il me fait comprendre de continuer à mon rythme.

Une dizaine de kilomètre plus loin , lors d’un ravitaillement, je prends une petite bouteille d’eau, verse son contenu dans ma gourde, et jette le restant au pied des ravitailleurs…malheureusement dans ma maladroite manœuvre je mouille d’un peu d’eau un autre coureur…..

j’ai cru commettre le crime de lèse majesté, bonjour les réflexions, on se serait cru dans une cyclo….  + ü Y( en restant poli ), pour la peine,  je lui ai collé une mine…. Ah mais !

 

Bien, nous voici maintenant au pied de l’Izoard, le Pailheres de chez nous, avec des pins a 2000 m en prime, et un public toujours très présent avec plein d’encouragements.( « Vas y Champion du Monde » Essayez un jour ,vous verrez, effet garanti….) Je double un tas de concurrents pendant la montée et en haut du col, on m’annonce 350 eme place, cardio , toujours nikel, à peine au dessus du seuil, j’ai la baraka, mais me dit qu’il faut gérer.

 

Le paysage est magnifique, il doit faire entre 12 et 14 °, les conditions sont extraordinaires.

 

Ravitaillement perso en haut, avec les bénévoles qui distribuent nos sacs plastiques laissés la veille en échange de nos gourdes vides ( non récupérables, mieux vaut le savoir….). Et puis 15 min de bonheur absolu,  descente à bloc sur Briançon, du billard tout le long, pour un pyrénéen : INCROYABLE ;

Arrivé à Briançon, retour à la réalité, chaleur, retour le long de la Durance avec vent de face ( c’est tous les jours comme ça, faut s’y faire ), des bosses, du plat, quelques petites descentes, et enfin arrive la bosse de pallon du 15 % sur 1500 m…génial ( 34x26, pas de trop ).

 

Et recommence avec des enchaînements de plats et bosses, une ligne droite au niveau de l’aérodrome, ou un concurrent derrière moi prend un carton noir pour s’être un peu trop rapproché.

Après 30 Km, sur la même route que nous avions emprunté à l’aller, mais en contre sens, nous voici a Embrun, ou la côte de Chalvet nous attend, histoire d’encourager au premier tiers de la cote il y un panneau 180 Km ( a ne pas confondre avec la ligne d’arrivée a Embrun c’est 186 Km ), c’est l’enfer, Il fait chaud, il y a toujours ce vent, j’en ai assez, mal au c….mais toujours des jambes.

Dans la descente de Chalvet, je recroise mon fils que je peux a peine saluer, tellement je suis obligé de tenir le guidon, pour rester sur le vélo (gravier, trous, bosses….la complète ).

 

Parc à vélo, 250 eme place, soit plus de 400 places remontées …..je suis fier de moi.

 

Transition un peu moins de 5 min, changement complet de tenue, et ça repart, au bout de 1 Km, je me pose la question de savoir pourquoi et comment je vais faire les 41 restants…pas bon.

Soucis vite oublié, dans le Km qui suit je croise Hervé Faure, déjà vainqueur en 2006, je ralenti, et comme tous les spectateurs je l’applaudie et l’encourage, ENORME, il a juste un marathon d’avance sur moi…..

 

Je retrouve ma famille qui m’encourage, ce n’est pas de trop, et la chaleur de l’après-midi me dicte d’arracher la casquette de mon fils, heureusement pour moi…..je fais tous les ravitaillements, prends toutes les éponges qu’on me tend, et voit des concurrents très affûtés physiquement, allongés sur la route avec des spectateurs leur tenant la perfusion ; ça fait comme un coup de froid.

 

Je me dis que ça peut m’arriver dans les 5 minutes qui viennent alors que je me sens bien.

 

S’enchaînent les Km, sans douleurs, sans grande performance non plus, environ 10 à 11 km/h  pendant le premier tour

A la fin du premier tour, à peine un peu moins de 2 h,  ma récompense, un collier pour marquer le passage,  je croise mon beauf et lui dis : 

 « c’est bon je termine ! »

A la vérité quelque Km plus loin je me suis dis que je m’étais un peu avancé, l’allure devient beaucoup plus lente et totalement irrégulière- ça me rappelle les jours de pluie en mob, quand la tête de bougie prenait l’eau- la tête me lâche, mais le ventre et les jambes sont toujours là, alors on continu- l’entraînement ça paye-

 

Au km 35, village de Baratier, ambiance de feu, les habitants sont à fond dans l’épreuve, des cris des encouragements, incroyable….

J’aperçois une fontaine qui coule à flot, avec un seau rempli d’eau, je m’y précipite, avec casquette et lunettes, plonge la tête la première, cet épisode fait rire tout le monde, du coup j’en rie aussi, et repart de bonne humeur.

 

Au Km 38 « Le petit RIOU », un groupe de supporter me fait une OLA terrible, du coup je fais demi-tour et repasse une deuxième fois devant eux, et re OLA, et toujours des échanges de sourires et regards forts.

 

Enfin arrive le dernier tour du plan d’eau,et le 42 eme Km, les enfants de ma belle sœur et les miens sont autorisés à franchir la ligne d’arrivée avec moi, ils me tirent, j’ai du mal à les suivre !!! et je vais être IRONMAN, ça y est c’est passé, 13h 56 min.

 

J’avais promis à ma femme d’être rentré pour le dîner …

On m’annonce ma place 180 eme sur 823 partants, je n’y crois pas, et je suis euphorique.

Au delà du fait de finir, je suis fier de terminer à cette place, c’était inespéré pour moi.

 

Un jeune kiné de Marseille me masse longuement, que du bonheur, il y a pas mal de concurrents sous des tentes, allongés avec des perfusions, et toujours ce bruit des sirènes des ambulances qui tournent depuis le début de l’après midi….Pas rassurant.

Je reste assis sur la chaise du parc à vélo, envoi des sms aux amis et profite du moment pendant une bonne heure.

 

Je fini par me decider à rentrer ( 2 Km de montée à vélo, avec mon lourd sac à dos …..)

 

Et la vie normale reprend, une douche, un repas, un canapé, un lit, du sommeil, des choses simples mais Oh combien confortables.

 

Ce 15 Aôut 2007, j’ai vécu une aventure exceptionnelle

 

Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenu pendant toute cette longue préparation, par leurs mots, leurs gestes, leurs conseils, leur compréhension, leur patience.

 

Soulagé et surtout heureux d’avoir réussi un rêve qui peut sembler inaccessible.

 

On y arrive à force de travail de travail et de travail !

 

Franck STIVAL "IMG-4334-1-.JPG

 

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R
Faboulous Franck...Je pense que nous étions un certain nombre en Février à te prendre pour fou quand tu as pris ta licence avec comme objectif une petite course dans un coin des alpes sans jamais d'être aligné au départ d'un triathlon...Maintenant tu ne peux pas faire abstraction d'avoir comme objectif une petite ile du pacifique. ça semble  à ta portée
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