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triathlon

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Emotions d'un finisher à Lanzarotte

         


  16 ° IRONMAN DE LANZAROTE

 

 

Samedi 19 mai 2007, 6h50 : plage de PUERTO DEL CARMEN départ du
16° IRONMAN de LANZAROTE.

Me voila  au milieu de 1076  triathlètes venus des 4 coins de la planète pour en découdre avec ce triathlon réputé pour être le plus difficile du circuit WTC IRONMAN.


A cet instant, je ne peux  m’empêcher de penser aux 6 mois de préparation intense, à la blessure du duathlon de LAYRAC qui me taquine un peu, mais surtout à ces derniers jours très  difficiles.

 

Petit retour en arrière.

 

Mercredi 16 mai : départ de BARCELONE arrivée a LANZAROTE, j’ai mal à la gorge et je n’ai plus de vélo (erreur  de destination !!!).

Jeudi 17 mai : le mal de gorge se transforme en début de bronchite et  toujours pas de nouvelle de mon vélo. Impossible de le localiser, MADRID ? BARCELONE ? TENERIFE ? En attendant retrait du dossard, reconnaissance du circuit vélo en voiture et briefing au CLUB LA SANTA. J’ai beaucoup de mal à me concentrer …

Vendredi 18 mai : je tousse, éternue, parle comme un canard et prie pour que mon vélo arrive avant 18h00, heure de  fermeture du parc à vélo.

16h00 aéroport de LANZAROTE, j’ai enfin mon vélo et il me reste 2 heures pour le remonter, le tester et préparer l’ensemble de mes affaires.

17h55  tout est en place, je suis ‘’ lessivé’’.

 

Samedi 19 mai 6h55 : retour au présent. J’essaie de me concentrer et de chasser les idées parasites.

 

Natation

 

 7h00 :   c’est parti pour les 3800 m de natation à effectuer en 2 boucles. 

Au bout de 900 m je suis obligé de m’arrêter pour partager mon Gatosport avec les poissons. Le stress des derniers jours a eu raison de mon estomac. Le reste de la natation s’effectuera correctement malgré le vent de  travers qui nous pousse vers la plage. 1h08’26’’plus tard j’en fini avec la 1° épreuve.

 

Bonne transition en 5’30 et me voila en route pour les 180 km qui font le tour de cette île volcanique balayée par le vent.

 

 

Vélo

 

8h15 : dés les premiers kms je m’oblige à manger et à boire. Je respire mieux que pendant la natation, le coup de pédale est bon et je commence à reprendre des places. La réputation de ce circuit n’est pas exagérée plus de 2500 m de dénivelée positive et le vent toujours présent que ce soit de dos, de travers ou de face.

 

Km 50 : nouvelle alerte mon estomac n’accepte pas les barres. Un arrêt rapide pour me soulager et je repars. A partir de maintenant mes espoirs de finir reposent sur mes bidons et mes gels. Ça devient très compliqué.

 

Km 70 : mes amis et ma femme sont là pour m’encourager. Je suis content de les voir et de les entendre.

 

Km 96 : Mirador de Haria, point culminant de la course et  ravitaillement perso, au passage je récupère mes deux bidons (Hydrixir et Malto) ouf !!!! Je continue à reprendre des places surtout dés que la route s’élève.

 

Km 110 : passage au Mirador del Rio, le point le plus au nord de l’île. Des le début de la descente je comprends que les 70 kms qui restent se feront avec le vent de face et la chaleur. Cela promet !!!

 

Km 120 : je garde la position aéro, continue à reprendre des places et pourtant je suis vraiment dans le dur.

 

Km 125 : un petit coup de klaxon d’une voiture qui vient à ma hauteur et nouveaux encouragements de mes amis et de ma femme. Ça fait du bien !

 

Km 150 : je me sens un peu mieux mais les derniers 25 kms ont été terribles.  Difficile de garder la position aéro pourtant je ne relâche pas. Le vent et la chaleur  continuent leur travail de sape.

 

Km 180 : je passe sous le portique, donne le vélo a un bénévole ; un coup d’œil sur le compteur qui affiche 5h58’13.

 

Bonne transition en 3’32’’ ; casquette sur la tête et crème solaire sur les épaules.

 

Course a pied

 

14h17 : c’est parti  pour le marathon qui se compose d’un aller-retour  le long de la plage avec 2 bosses à faire 4 fois.

 

1°tour : des les premiers mètres les sensations ne sont pas trop mauvaises. En prime, les  encouragements de ma petite équipe toujours très présente.

J’essaie de réfléchir afin d’anticiper le problème du manque d’alimentation qui ne tardera pas à se manifester.

Dés le 1°ravitaillement je prends eau + coca + gel ; pourvu que cela marche !!!

Fin du 1° tour ça ne va pas trop mal, mais je ne suis pas rassuré pour autant.

 

2° tour : La foulée se fait plus courte, la gorge me brûle et j’ai plus de mal à respirer. La panne sèche n’est pas loin. J’arrive au ravito, j’attrape tout ce que l’on me donne. J’ai la tête qui tourne. J’avale et repars en trottinant ; surtout ne pas marcher, ne rien lâcher, ça ira mieux dans un moment … du moins je l’espère.

A ce moment  mes pensées ne vont pas plus loin que le ravitaillement suivant.

 

3° tour : Copie conforme du 2° tour je reste sur la corde raide et je m’oblige toujours a courir. La foulée est rasante et je respire avec l’impression d’avoir du papier verre dans la poitrine. Pourtant et c’est bien l’essentiel j’avance.

 

4° tour :  Les derniers kms et  toujours pas moyen de changer de rythme pourtant je me sens mieux le «  pillage » des ravitos commence à faire effet. 

Plus que 2 kms, j’allonge doucement la foulée et profite des encouragements et des applaudissements.

500 derniers mètres le public est très nombreux. Grosse émotion et petite larme. C’est super !!!!

Après 4h08’09’’ de  marathon, je passe la ligne en 11h23’49’’. Poignée de main du directeur de course Monsieur KENNETH GASQUE qui félicite et remet la médaille à tous les «  finishers ». Une attention qui me touche.

Encore quelques mètres et je retrouve ma femme et mes amis pour partager ce moment très particulier, qui s’appelle le bonheur.

Voila  mon 3° IRONMAN s’achève et comme à chaque fois ce fut difficile, même  très difficile. Pourtant, cette fois, en secret, je visais une performance proche d’une qualification à HAWAÏ. Il fallait faire moins de 11h00. Je le savais et j’avais travaillé dur, très dur. Pourtant je n’éprouve aucune amertume, mieux je suis très fier de mes 11h 23’ 49’’ et de ma 234° place.

A  Christian, Alain, Jean-Philippe et Franck qui seront bientôt à pied d’œuvre sur les routes de NICE et EMBRUN, je dis un gros  M . . . .  !!!!


Enfin et pour finir ces quelques lignes,  je voudrais témoigner ma reconnaissance :

A mon club  L’ARIEGE PYRENEES TRIATHLON et son Président Ronan.

A Patrice et toute l’équipe de CYCLES PASSION avec qui je partage mon quotidien dans le travail.

A Claude RIVES, un ami et un kiné pas comme les autres.

A Didier, mon ami d’enfance (8 fois finisher dont 1 fois HAWAÏ) et sa femme Christine.

A Véronique, ma femme.

                               


 

 

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