Road to Roth Depuis que je pratique le triathlon, je rêve de Roth. Roth était mon fantasme triathlétique avant même Embrun. A Embrun j’y suis allé pour le parcours. A Roth, je voulais y aller pour tout le reste. On dit toujours que lorsque l’on idéalise trop une chose, on est toujours déçu. Et bien c’est faux. Malgré les conditions météo abominables je n’ai pas été déçu. On ne peut pas être déçu par Roth. A Roth, j’ai aimé : - les autoroutes allemandes champêtres et gratuites, la discipline des conducteurs allemands. - les villes et les villages propres, jolis et pittoresques (sans affreuses zones commerciales). - le village du triathlon en plein cœur de la ville: le stadium d’arrivée, la cinquantaine de boutiques dédiées au triathlon avec des affaires hallucinantes ( 888 euros le Kg 486 dit Patrice, tu nous fais les mêmes promos ?) le bassin de nage à contre courant en verre pour essayer les combis avant de les acheter, la tente géante de la pasta party et de la finish party, les animations, les hôtesses d’accueil … - les documents remis au retrait des dossards : instructions en français, cartes de la région, cadeaux… - Rothsee (la mer de Roth) notre base, un magnifique lac aménagé pour la baignade et la voile au milieu d’une superbe campagne à une dizaine de kilomètres de Roth et quelques centaines de mètres du parc à vélo n°1 et du départ natation. - les chemins et les pistes cyclables très nombreux. - le grand « barnum » du triathlon : des centaines de camping cars et de tentes avec devant des vélos de rêve. - la boulangère qui passe le matin vendre ses pains bizarroïdes et ses croissants. - les triathlètes français qui achètent leur pain en allemand (là, il faut que ce soit Valérie qui raconte) - courir sur les pistes autour du lac. - la pasta party : un banquet de noce pour plus de 5000 personnes, à boire et à manger à volonté, impossible de goûter à tout, trop de choses différentes, et le tout super bon avec une mention spéciale pour le crumble aux cerises (une merveille). Indescriptible, il faut le vivre. - la vendeuse du magasin vélo : samedi panique ! il flotte tant qu’il peut, pluie annoncée pour le dimanche. Rien à me mettre pour les 180 bornes. Magasin vélo d’hippolstein : un beau coupe vent déperlant ultralight cannondale 50 euros (pas cher) qui tombe à 40 parce que j’ai du mal à sortir le dernier billet de 10 (sympa) (faudra que j’essaie avec Alain pour voir si ça marche). - la jeune maman dans le centre commercial qui insiste pour que je passe à la caisse avant elle et que je ne fasse pas la queue (elle a vu mon bracelet de participant). - le site du parc à vélo n°1 et le canal dans lequel on nage vus depuis le pont (impressionnant). - la boisson énergétique d’attente distribuée aux compétiteurs dans le parc à vélo le samedi et le dimanche. Pas besoin de porter la sienne. - les protections individuelles pour protéger les vélos. - la musique de « guerriers » et les commentateurs dans le parc à vélos et sur tous les points chauds du parcours qui mettent une ambiance terrible. - le message de bienvenue en français. - les couleurs de bonnet différentes pour chaque vague. - le haka réalisé par d’authentiques maoris juste avant le départ de la vague 1 (élites + filles) et le bateau pompe qui accompagne de ses jets d’eau ce même départ. - le sentiment de participer à un truc énorme. - le parcours vélo. Contrairement à ce que l’on croit, Roth ce n’est presque jamais plat. C’est une succession de faux plats entrecoupés de bons coups de cul n’excédant pas toutefois les 2 kilomètres. A Roth, il faut parfois mettre le 39 et le 12 ne sert pas tant que cela. Mais les routes sont superbes avec un excellent revêtement. Donc on va vite. - dépasser des roues lenticulaires, des casques profilés, des queen K, des soloïst, des kaliburs, des plasmas et autres machines de l’espace par dizaines, par centaines (surtout dans les côtes). - rouler à gauche de la voie de gauche (route fermée à la circulation). - les ravitaillements tous les 17 kilomètres. Top qualité tant en terme d’organisation, que de produits distribués. A Roth, on peut partir sans bidons, ni barres, ni gels. Il faut juste penser à prendre son vélo. - la montée de Solarberg. Mythique et à juste titre. Indescriptible, il faut le vivre (et encore cette année, il pleuvait). - le parcours du marathon (qui n’est pas plat non plus) 4 bosses et du faux plat principalement sur des chemins en super état. - les ravitaillements tous les 2 kilomètres, encore plus riches et diversifiés qu’en vélo (extraordinaires). - l’ambiance dans les points chauds : parasols (parapluies cette année), tables, musique, animateur et bière. Quand on passe ça donne « oun ami de fronce, jon filip, hop, hop, hop, viv le fronce… » - les dossards avec le numéro en petit et le prénom en gros assortit d’un petit drapeau. On ne double pas le 1586 mais Hamos d’Israël ou Steeve des USA. - les 50 nations présentes. - me faire interpeller par mon prénom toute la course. - la vision de centaines de coureurs à la queue leu leu le long du canal. - l’arrivée (que du bonheur) - l’infirmière qui m’a dorloté, déshabillé, réchauffé ( et perfusé) après l’arrivée (sous le contrôle constant de Valérie). - la finish party : encore une grosse bouffe (mention spéciale au triple salami fromage, à la soupe, au thé et encore au crumble aux cerises). - la feuille avec ses temps, disponible dés l’arrivée. - la fête qui se déroule tout autour du site pour les spectateurs : bière et saucisses grillées de rigueur. - le fait que tout soit prévu et surdimensionné. Une merveille pour les stressés. - faire un triathlon avec 2830 autres triathlètes et 1500 monoathlètes (relais). - le fait que tout le monde vient à Roth pour se « fritter » avec les autres concurrents. - et bien d’autres choses encore mais par-dessus tout, Philippe et Dominique, triathlètes des dromad’erdre, club de la région nantaise, ainsi que leurs épouses et leurs enfants, avec qui nous avons tout de suite sympathisé et avec lesquels nous avons passé 4 jours de rigolade et de franche camaraderie. A Roth, je n’ai pas aimé : - l’irascibilité des conducteurs allemands en ville. - la pluie qui a gâché la fête. - la pluie qui a rendu les conditions de course difficiles : 500 abandons sur 2550 au départ chez les garçons, 35 abandons sur 276 filles au départ (les filles sont toujours plus teigneuses). - la pluie et le froid qui vous coupe les pattes et fait mal au ventre (Valérie en fera l’expérience sur le vélo). - la pluie violente qui vous scotche à la route au milieu du marathon. - la pluie qui vous empêche de profiter du village, des exposants, bref de tout. Il est facile de comprendre qu’à présent je ne souhaite qu’une chose : retourner faire Roth sous le soleil. Roth est la course idéale pour réaliser son premier ironman, pour faire un temps sur la distance ou simplement pour passer un moment inoubliable. Tout est fait pour cela. L’hébergement là-bas est de 0 euros si l’on campe. Les seuls frais engagés sont sur le trajet. En fait, tout passe dans le gasoil, ce qui est assez énervant. D’autre part, la configuration des sites fait que le camping car n’est pas le meilleur moyen pour en profiter. L’idéal serait de partir en groupe avec un mini bus et un fourgon pour les vélo ainsi qu’au moins deux accompagnateurs qui géreraient les véhicules là-bas. On polluerait moins, on partagerait les frais et le voyage semblerait moins long. J’encourage vivement ceux qui ne sont pas encore ironman à franchir le pas et à aller à Roth. Quant à ceux qui le sont déjà, je peux simplement vous dire que le parcours vélo est taillé pour des cervélo P2C, des ferraci proteam 2 ou encore des 486. Alors, qui se lance ? J’ai les bulletins d’inscription ! Jean phi